Dyspraxie - Dysgraphie
Description

« L’enfant conçoit bien les gestes mais n’arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse, il montre une grande maladresse et toutes réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes » Michelle Mazeau.
Autrement dit, il a deux mains gauches et deux pieds carrés.
La Dyspraxie entraîne une incapacité totale ou partielle à automatiser et planifier les gestes, volontaires et intentionnels, sans pour autant que la personne ne présente de troubles moteurs ou de déficit intellectuel. (À différencier de la marche, se lever, s’asseoir, par exemple, qui sont des gestes innés).
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Le dyspraxique n' a pas d'organisation ni de planification. Il est en défaut d'anticipation et d'abstraction.
La dyspraxie peut être, et/ou :
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constructive ou visuo constructive : difficultés à assembler (legos, cubes, bricolage, puzzles…)
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visuo-spatiale : difficultés à descendre des escaliers, se repérer dans un lieu, dans un texte, sur une feuille, sur un plan (trouble dans l’organisation du geste + trouble du regard)
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idéatoire : difficultés à utiliser et manipuler des objets et des outils (stylo, compas, couteau,…)
Certains relèvent également :
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la dyspraxie idéomotrice : difficultés à mimer, imiter des gestes
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la dyspraxie oro-faciale, bucco-faciale : difficultés à articuler, parler, siffler, souffler les bougies, déglutir…
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la dyspraxie non-constructive : troubles de la succession des gestes.
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la dyspraxie de l’habillage : difficultés liées à l’habillage, c’est-à-dire à la manière d’orienter ou de disposer les vêtements, au choix de vêtements adaptés (au temps qu’il fait, par exemple), à l’utilisation des différents systèmes de fermeture (boutons, tirette, lacets…).
Parce que faire fonctionner les yeux relève aussi d’un geste, des troubles oculomoteurs sont à rechercher : difficultés à fixer un objet ou à le suivre des yeux, saccades oculaires, préhension de l’espace, stratégie de vision, etc… .
Le point d’entrée est souvent l’écriture peu soignée et difficile à l’école (CE1). Pourtant, les signes d’appel sont présents bien avant (dès 18 mois). En maternelle, par rapport aux autres élèves, des différences significatives sont déjà visibles en motricité (sauter sur une jambe, siffler, souffler, marcher sur une ligne, se déplacer d'un point à un autre uniquement en ligne droite,…)
Les indications suivantes sont données à titre d’exemple, elles peuvent être plus ou moins importantes et plus ou moins nombreuses, d’un enfant à l’autre.
1. Au niveau de la coordination globale
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l’enfant court de façon désordonnée, n’arrive pas à coordonner les bras et jambes quand il nage, a parfois du mal à marcher surtout en terrain accidenté (forêt, montagne, sable…), est très vite fatigué de marcher
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il lui arrive très souvent de se cogner, de se prendre les pieds dans nombres d’obstacles, de trébucher et tomber plus que de coutume
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il descend les escaliers avec difficulté, doit se tenir pour ne pas tomber en avant et ne semble pas voir les marches (évalue mal leur hauteur, leur régularité)
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d’un point à un autre, il se déplace en ligne droite, par le chemin le plus court et tant pis pour ce qui se trouve sur le parcours.
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Peuvent se rencontrer également des problèmes de tonus musculaire, en trop ou pas assez : trop de force utilisée pour fermer une porte, pas assez de force pour « tenir son corps » : posture mal adaptée à la situation (« avachi » sur son siège).
Sur le plan sportif, l’enfant ajuste mal les gestes nécessaires pour envoyer ou attraper un ballon, il ne pourra «shooter» de façon adéquate. Il a deux pieds carrés.
On peut trouver également des problèmes d’équilibre qui ne faciliteront pas, par exemple, l’apprentissage du vélo et les stabilisateurs ne seront abandonnés que très tard. Mais aussi la difficulté de gérer, en même temps, le guidon, le pédalage, la direction, les freins, … Le dyspraxique est mono-tâche.
La difficulté de coordination gêne l’apprentissage de la natation qui se fera plutôt sous l’eau. Ainsi, respirer est un geste de moins à gérer.
2. Au niveau de l’organisation du regard
Il a du mal à utiliser ses yeux pour explorer, balayer, fixer, saisir efficacement l’information visuelle : il sera gêné pour se repérer sur une feuille et s’organiser dans l’espace de cette feuille, copier au tableau, trouver un objet… il pourra avoir des difficultés pour lire un texte dense écrit en petits caractères, se repérer dans un tableau à double entrée, poser une opération… Ce sont des problèmes neuro-visuels ou des troubles oculomoteurs qui ne sont pas forcément repérables par les ophtalmologues car l’acuité visuelle n’est pas en cause. Il faut faire un bilan d’orthoptie.
3. Au niveau de la bouche (sphère bucco-phonatoire)
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La sensibilité de la sphère orale peut être atteinte : l’enfant a du mal à mâcher, mastiquer, déglutir, cracher.
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Il peut avoir des difficultés pour siffler, souffler une bougie, faire des bulles, manger des fruits à noyaux (et séparer la chair du noyau).
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Il est souvent sale autour de la bouche, ou sur le tee-shirt, après le repas.
Dans les cas plus importants, il peut avoir un rapport particulier à la nourriture, il peut avoir des réactions nauséeuses à la vue de certains aliments ou en sentant certaines textures (hypersensibilité au goût). Il peut avoir des difficultés avec les morceaux. L’ensemble de ces difficultés s’estompera avec le temps chez une majorité d’enfants.
4. Au niveau du langage oral
L’enfant atteint de dyspraxie ne sait pas toujours comment placer sa bouche, sa langue pour parler ou faire d’autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, souffler, mastiquer, boire ou se moucher.
Pour l’enfant dyspraxique, il est difficile d’apprendre à parler, car PARLER exige la coordination de beaucoup de MOUVEMENTS : des lèvres, de la langue, des joues, des cordes vocales, de la respiration. Plus les mots sont longs, plus il y a de mouvements précis à faire et plus c’est difficile pour l’enfant.
5. La dyspraxie verbale
Dans le cas d’une dyspraxie oro-faciale (dyspraxie verbale), l’enfant aura des difficultés d’élocution. La dyspraxie verbale est un trouble relié à la prononciation, et non à la compréhension ou à l’apprentissage du vocabulaire ou encore à la construction des phrases. Plus précisément, l’enfant qui a une dyspraxie verbale a des difficultés importantes à planifier les mouvements nécessaires pour parler.
La dyspraxie verbale est un trouble du mouvement pour produire la parole. Ce trouble n’est pas dû à un manque de stimulation.
Comme expliqué ci-dessus, parler exige la coordination de nombreux mouvements.
On pourrait constater sur le jeune enfant qu’il :
– babille et parle très peu
– fait des efforts pour bien placer sa bouche afin de dire des sons et des mots
– prononce le même mot de plusieurs façons bateau bato pato to tato
– produit un son dans un mot mais ne peut le reprendre dans d’autres : faire le son « m » de « maman » mais n’y arrive pas dans « maison »
– contrôle difficilement sa salive (peut même baver), montre des difficultés à avaler les gros morceaux
– prononce des syllabes seules comme « mou » et « ton » mais est incapable de les mettre ensemble pour former un mot.
Pour l’aider, il faut :
* ne pas le brusquer et lui laisser du temps pour s’exprimer
* l’encourager à communiquer et trouver des supports geste, son, intonation, images.
* Toujours se placer en face et articuler clairement pour qu’il voie les mouvements de la bouche
* Lui faire sentir que ce qu’il dit est important
* Mettre de l’expression dans votre visage et votre voix
* Recherchez des activités où les sons simples ont une signification
* Prendre du temps et du plaisir à communiquer, s’appuyer sur ses intérêts pour le motiver
* Mettre des gestes pour accompagner les actions
6. Au niveau de la concentration
L’enfant est mono tâche (une seule chose à la fois) et cela vaut aussi pour la concentration.
Parce qu’en difficulté de discrimination auditive (il entend tout), il peut sembler ne pas écouter, il est facilement distrait et peut avoir du mal à se concentrer en classe.
La nécessaire concentration pour tous les gestes augmente la fatigue et donne l’impression qu’il manque d’attention et qu’il est rêveur.
Il peut oublier facilement les instructions et consignes parce qu’il gère difficilement deux informations en même temps ; il vous faut répéter ; voire reformuler si les informations sont complexes et longues. Il fera une chose à la fois, une consigne à la fois.
Il répond souvent de façon impulsive, pour faire plaisir. Cette impulsivité dans les réponses est souvent source d’erreurs, alors qu’il répondra correctement sʼil observe un temps de réflexion. La formulation de la question est donc essentielle.
Ces troubles sont aggravés par une hypersensibilité aux bruits ambiants, ce qui accentue encore la fatigue et l’énervement.
Bon à savoir : il est nécessaire de faire une recherche sur les troubles attentionnels associés en raison de la fréquence d’associations des divers troubles des apprentissages.
7. Au niveau du repérage dans le temps
L’enfant peut rencontrer des difficultés à mémoriser la suite des jours de la semaine, se repérer dans la succession des activités de la journée, connaître les dates (jour/veille/lendemain), la suite des saisons ou sa date anniversaire.
Il n’a pas de planification (ni aujourd’hui, ni plus tard). Il faudra donc lui rappeler souvent les rendez-vous, par exemple.
Pour cette raison, il n’aime pas les surprises.
Il doit être rassuré concernant son emploi du temps des jours suivants.
L’adaptabilité n’est pas un point fort chez lui.
Il est préférable d’utiliser un agenda à la place d’un cahier de texte. En effet, sur un agenda lorsque le jour est terminé, on tourne la page. Dans un cahier de texte, tous les lundis, etc… se suivent sur une même page.
8. Au niveau social et relationnel
Socialement, il arrive que certains enfants dyspraxiques puissent avoir des attitudes inhabituelles, parfois étonnantes voire dérangeantes.
Concentré sur une tâche, il ne peut s’empêcher de faire des mouvements parasites, par exemple (il ouvre la bouche, grimace, tire la langue, tripote un objet, bouge les jambes…) ce qui est parfois perçu comme « bizarre », « dérangeant » ou « énervant ». Il s’agit en fait de mouvements involontaires, donc peu contrôlables, qu’il est vain d’essayer de « réprimer ». Il peut même tomber de sa chaise.
Plus fréquemment, il « se met dans vos jambes », se tient trop près. Il dose mal ses mouvements.
De la même façon, il serre trop fort quand il embrasse les gens ou bien ne présente pas sa joue car il évalue mal les distances.
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Il n’interagit pas en fonction de l’autre au niveau de l’occupation de l’espace.
Dans les situations de communication en particulier dans un groupe, il doit gérer trop d’actions simultanément pour être à l’aise. Il ne sait pas lire les expressions du visage.
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Par rapport à ces difficultés motrices, il lui est difficile d’écouter, de regarder les autres, de décoder le langage non verbal (expression du visage, timbre de la voix), de supporter l’agitation et le bruit, de respecter les distances entre les personnes. Et plus encore lorsque ces actions sont simultanées.
Cela lui demande tant d’efforts que, fatigué, il peut éprouver le besoin de se mettre en retrait (il s’isole parfois lors des récréations, lors d’une fête).
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Il peut avoir aussi des difficultés à structurer son discours et il lui est plus facile de répondre à des questions précises.
Il peut parler trop fort ou s’exprimer avec beaucoup d’enthousiasme : certains battent des bras quand ils sont excités. Il est en difficulté pour gérer ses émotions.
Lorsqu’il s’exprime, il peut aussi toucher quelquefois son interlocuteur, ce qui est souvent mal toléré.
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L’enfant dyspraxique peut être gêné par un dysfonctionnement de son système sensoriel : il perçoit trop ou pas assez certaines informations sensorielles. Une information visuelle non stable pousse à se fier davantage au toucher. Les enfants souffrant en particulier de dyspraxie visuo-spatiale n’appréhendent pas l’environnement de manière ordinaire.
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Il semble regarder ailleurs quand on lui parle, il fournit un réel effort pour maintenir son regard. Ce regard fuyant n’est ni de l’impolitesse, ni de l’inattention, mais une conséquence de ses problèmes visuels et de la nécessaire concentration au discours qu’il doit faire. Certains reconnaissent mal les visages et les expressions (peu la colère, la joie, l’interrogation,…) de ces visages. Ce qui a fait penser trop longtemps à des troubles autistiques alors que l’enfant dyspraxique est réellement dans l’échange.
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Il apparaît nonchalant (difficulté à la posture), il bâille lorsque vous lui parlez, il a du mal à soutenir son attention. Rappelez-vous qu’il est très fatigable : ce comportement n’est pas forcément l’expression d’un désintérêt cela peut-être exactement l’inverse. En situation de stress (examens), il est fréquemment nonchalant.
L’enfant peut avoir des difficultés à réaliser des gestes simples comme se moucher, s’essuyer après être allé aux toilettes, fermer leur braguette et le bouton de leur pantalon, couper leur viande, peler un fruit, oublier de se laver les parties non visibles (aisselles, nuque, …).
Au-delà d’un certain âge, ce manque d’autonomie est mal toléré et mal compris socialement.
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Pour se protéger, certains enfants peuvent éviter ou refuser obstinément les situations nouvelles, les changements habitudes, les lieux pas encore explorés. On les pense alors craintifs, immatures, incapables de s’adapter, alors que ce comportement leur est dicté par une certaine impuissance à décoder leur environnement aussi vite et bien que les autres. D’autres, au contraire, se précipitent trop rapidement au-devant de situations où leur comportement sera incompris.
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Les efforts d’adaptation dus à la dyspraxie entraînent une grande fatigue, qui n’est pas toujours perçue par l’entourage. Celui-ci ne réalise pas non plus que l’enfant cherche à éviter les situations coûteuses en énergie.
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Tous ces phénomènes rendent difficile pour l’enfant l’appréhension d’une juste distance sociale et la bonne évaluation des codes sociaux.
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La Dysgraphie
L'enfant dysgraphique écrit lentement et a du mal à diriger son crayon. Il fournit beaucoup d'efforts pour écrire quelques mots ou quelques lignes, mais le résultat est souvent décevant.
Il est incapable de se concentrer à la fois sur l'écoute, la compréhension des mots et le fait de tracer des lettres.
L'école alerte généralement dans le courant du CE1, lorsque l'écriture doit devenir plus petite (entrer dans les lignes Seyes), plus rapide, plus fluide. En un mot, lorsque l'écriture devient automatique pour les autres.
L'enfant dysgraphique est également fréquemment en difficulté avec le dessin.
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