Dyslexie

Description

La dysorthographie découle de la dyslexie, l’une ne va pas sans l’autre et forment ainsi la difficulté au langage écrit. Un mauvais lecteur sera un mauvais transcripteur, d’autant plus que la transcription est moins facile que la lecture. C’est la raison pour laquelle ces deux troubles sont traités dans un seul et même chapitre.

Une définition :

La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, qui se caractérise par une diminution significative des performances en lecture, en orthographe, par rapport à la norme d’âge. Ces difficultés sont durables et ne sont pas un simple retard d’acquisitions. Les mécanismes fondamentaux du langage écrit sont atteints dans leur structure même, souvent à la fois dans l’expression et dans la compréhension.

Il s’agit d’un trouble durable du langage écrit affectant la lecture, l’orthographe mais aussi l’écriture.

On parle de dyslexie pour les troubles de la lecture et de dysorthographie pour les troubles de l’orthographe.

Ces troubles se distinguent d’un simple retard d’acquisition, d’un retard mental, d’un problème auditif, d’un problème visuel, d’un problème affectif, d’un problème d’élocution, du bilinguisme. Parce que ces troubles neurologiques sont durables et persistent dans le temps, ils relèvent du handicap.

ATTENTION: Être lecteur, c’est lire avec fluidité et comprendre ce que l’on lit.

Rappel :

La dyslexie est une difficulté d’apprentissage de l’orthographe et de la lecture. 50% des enfants dyslexiques seront également dysgraphiques. Ce trouble concerne entre 8 et 10 % des enfants et, en grande majorité, des garçons (trois fois plus que les filles).

La dyslexie n’a pas d’origine psychiatrique et n’est pas causée par une déficience intellectuelle. Elle pourrait être d’origine génétique. Les enfants grands prématurés sont concernés par les DYS (Dyslexie, Dyspraxie).

Quelques repères des difficultés, parmi les plus connus :

I/ dans le déchiffrage: 

Les erreurs perceptives

  • confusions auditives (f/v; ch/j; p/b; c/g; a/an; u/ou)

Les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g)Les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s)

  • confusions visuelles (p/q/d/b; m/n ; f/t; ale)
  • inversions de lettres et/ou de syllabes  (tri/tir ; pile/pli)
  • omissions (bar/ba ; arbre/arbe ; propre/prop)
  • adjonctions (y aller/y allyer) (paquet/parquet), (odeur/ordeur), (poltron/polteron),(escapade/cascapade)
  • contaminations (dorure/rorure ; âne/ané) (palier/papier)

Les erreurs dues à des difficultés de mémorisation de certains mécanismes de lecture

  • mauvais découpage des syllabes (menace/men-ace)
  • confusions sur la double valeur de c et g (ca, co, ce, ci…)
  • confusions ss/s (poisson/poison)

Les erreurs linguistiques

  • omissions, additions ou substitutions de mots lexicaux ou grammaticaux (une/la; travaillant/traversant)
  • erreurs de liaison (trop inférieur/trozinférieur)
  • lecture lente, hésitante, saccadée, ignorance de la ponctuation

II/  dans la compréhension :

Sur le plan de la compréhension, le dyslexique ne saisit qu’un sens partiel, ou pas de sens du tout, de ce qu’il a déchiffré; le message du texte lui échappe totalement ou partiellement. On comprend mieux pourquoi il n’aime pas lire…

L’enfant dyslexique peut avoir des difficultés à comprendre le sens du message écrit et rejette souvent les matières ou activités qui font appel à l’écrit.

Les signes d’alerte de la dyslexie

Lorsqu’il lit, il se plaint de vertige, de mal de tête ou de mal de ventre, se tortille sur sa chaise. Il est désorienté par les lettres, les chiffres, les mots, les séquences ou les explications orales. En lecture comme en écriture, il fait des répétitions, des substitutions, des omissions, des additions, des transpositions et des inversions de lettres, de chiffres et/ou de mots. Il peut se plaindre de ressentir ou de voir des mouvements non existants. Il donne l’impression d’avoir des problèmes de vision non confirmés par un bilan ophtalmologique. Mais un bilan d’orthoptie est impératif car les troubles visuo spatiaux sont récurrents. Lecture et relecture n’apportent pas la compréhension. Lire (déchiffrer) ou comprendre, il doit choisir….

Même avec de nombreuses séances d’orthophonie, la fluidité de la lecture ne sera pas acquise. Et donc, n’ayant pas de lexique, son orthographe est  phonétique, incohérente et variable.

Ce qui est difficilement compréhensible pour les parents (mais pas seulement pour les parents) est que, par exemple, l’enfant peut écrire 5 fois de suite un mot juste et le faire faux la sixième fois, et faux aussi dès que le contexte autour du mot change, ex : mot : fleur, et la fleure rose. Il apprend sa leçon le soir et la connaît et le lendemain n’arrivera pas à la retranscrire lors du contrôle. Les parents s’interrogent beaucoup sur cette leçon apprise qu’il ne saura pas restituer le lendemain en classe mais il faut comprendre que la leçon est sur à l’oral et la retranscription du lendemain se fait à l’écrit.

Les signes d’alerte les plus courants de la dysorthographie :

  • une dyslexie
  • une lenteur d’exécution, des hésitations et une pauvreté des productions
  • des difficultés à recopier un texte
  • des difficultés à conjuguer et à faire l’accord correctement dans le groupe nominal et le groupe verbal
  • à organiser des phrases syntaxiquement correctes
  • fautes d’orthographe résistantes d’usage ( chevaux/cheveaux ; pommier/pomier)
  • erreurs perceptives du même type que celles du dyslexique
  • erreurs linguistiques
  • erreurs de découpage anarchique des mots (larmoire ; m’est égal/métégale) avec des mots collé (« unabit » pour « un habit »)
  • disparition ou transformation de certains sons (« fagile » pour « fragile ») ou syllabes (« vragile »)
  • erreurs sur les formes verbales, fautes de conjugaison
  • erreurs d’analyse grammaticale, erreurs de genre
  • des erreurs de copie (des mots)
  • des économies de syllabes (semblable/semble)
  • des omissions (bébé/bb, liberté/librt)

Ces difficultés entraînent notamment une écriture lente, irrégulière et maladroite. Les rédactions sont anormalement pauvres.

Diagnostic

Les parents sont alertés, souvent, par l’enseignant de CP qui constate que leur enfant ne fonctionne pas comme les autres.

Mais la dyslexie ne sera diagnostiquée qu’à partir d’un retard persistant de lecture, de 18 à 24 mois par rapport à un enfant du même âge. Pour cette raison, ce trouble ne sera diagnostiqué qu’en milieu ou fin de CE2. Même si les orthophonistes peuvent poser ce diagnostic, il est indispensable de le faire valider par un neuropédiatre avec bilans neuropsychologique, d’orthophonie et d’orthoptie, au minimum. C’est un diagnostic pluridisciplinaire.

Cependant, dès le bilan d’orthophonie qui peut être réalisé dès la classe de moyenne section en maternelle, les rééducations peuvent commencer car les résultats apportés par cette rééducation orthophonique sont d’autant plus efficaces qu’elle est commencée tôt. 

Dès la fin de CP, il ne faut pas oublier de faire un bilan pour la dysgraphie et il conviendra, l’année suivante, de faire un bilan pour la dyscalculie. 

La dyslexie est un trouble des apprentissages qui ne peut être diagnostiqué qu’à la suite d’un bilan orthophonique complet, approfondi et chiffré. Il ne s’agit pas de faire un bilan, sur un coin de table en 30mn. Ces bilans ont une durée de 3 heures minimum. Il faut en effet que l’orthophoniste procède à l’évaluation approfondie d’un patient afin de s’assurer que celui-ci ne souffre pas :

  • de déficience intellectuelle
  • de troubles du déficit de l’attention
  • de difficultés de compréhension
  • de problèmes moteurs tels qu’on peut les observer en cas de dysgraphie, par exemple.

Au cours de ce bilan, l’orthophoniste peut déceler divers troubles susceptibles d’être associés à une dyslexie – dysorthographie  (dysgraphie, dyscalculie et dysphasie).

ATTENTION, ne pas confondre avec l’alexie.

L’alexie est un trouble aphasique visuel, lié à la lecture. Le cerveau n’analyse pas les stimuli visuels et la compréhension du langage écrit s’en trouve compromise : l’idée exprimée par l’écriture n’est pas comprise. L’alexie, contrairement à la dyslexie, suppose que l’individu a mené à bien son apprentissage de la lecture. Il existe plusieurs types d’alexie déterminés par des troubles associés : perte du champ visuel ou autre trouble du langage. La plupart des alexies sont dues à un accident vasculaire cérébral.

Conséquence et comorbidité 

A chaque dyslexie, une dysorthographie.

Quelques classifications de Boder : 

La dyslexie dysphonétique

aussi appelée dyslexie phonologique, phonétique, ou linguistique, qui représente environ 60 % des dyslexies, Trouble phonologique.

  • Traduction concrète : Difficultés à associer un son à des lettres, ce qui pose des problèmes pour accéder au stade alphabétique. La voie d’adressage (lecture automatique de mots familiers) aide à compenser un lexique orthographique assez pauvre (capacité à mémoriser de nombreux mots).
  • Difficultés : identifier les lettres, les syllabes et/ou les mots, décomposer un mot en lettres, lire des mots nouveaux ou peu communs, épeler des mots inconnus, apprendre les tables de multiplication.
  • Conséquences : L’enfant devine la plupart des mots, il peut lire mais en reconnaissant les mots qu’il a précédemment photographiés, le même mot peut être épelé de différentes façons dans un même texte, il change des mots lors de la lecture. 

Dyslexie dyséidétique

aussi appelée dyslexie de surface (ou lexicale) qui concerne 10 à 30 % des dyslexiques. Cette forme de dyslexie n’apparaît jamais seule, elle s’accompagne toujours d’une dyslexie phonologique ou visuo-attentionnelle.

  • Traduction concrète : trouble visio-attentionnel. Difficulté de mise en place de la stratégie orthographique. Seule la voie d’assemblage (utilisation de la lecture globale) est utilisée.
  • Difficultés : reconnaître les mots visuellement (l’enfant ne voit qu’une suite de lettres) car il les décompose tous dès le début de l’apprentissage, voir le mot écrit dans sa tête, lire les mots « irréguliers » (ex : sept, chorale, femme…), épeler les mots « irréguliers » (ex : éléphant éléfan, château/chato, etc.), apprendre les tables de multiplication.
  • Conséquences : L’enfant a une très bonne expression mais il lit de façon lente, laborieuse et saccadée. Son orthographe est phonétique (éléfan, farmassi…). Il confond les mots qui se ressemblent graphiquement (ex : lame/larme, belle/balle…). Il épelle difficilement certains mots « compliqués » (ex : spectacle/obstacle ; rein/reine, impotence /importance…). Il est difficile d’apprendre une langue étrangère telle que l’anglais. 

Dyslexie mixte

qui concerne 20 à 30 % des dyslexiques. Il s’agit là d’une dyslexie sévère.

  • Traduction concrète : elle combine un déficit dans les deux procédures avec une utilisation prédominante de l’assemblage.
  • Difficultés : traiter des sons et troubles de la mémorisation des mots entiers.
  • Conséquences : la lecture est lente et la compréhension est difficile. 

Dyslexie visuo-attentionnelle

  • Traduction concrète : trouble affectant l’attention nécessaire à l’activité de lecture. L’enfant est perturbé par l’environnement (éléments distracteurs).
  • Difficultés : inverse les groupes de lettres (« fragile » devient « fargile » ou « bras » devient « bar », etc.), omissions (« fagile »), ajouts, reformulations approximatives, sauts de lignes. L’enfant peut confondre des lettres et des mots avec d’autres leur ressemblant étroitement.
  • Conséquences : lecture hachée et incompréhensible, dysorthographie et ratures, hésitations et retours, vocabulaire limité.

Rééducations

À raison d’une fois par semaine minimum, c’est bien l’orthophoniste qui sera l’acteur principal et majeur, parmi toutes les rééducations, pour l’enfant et/ou le jeune dyslexique. Si nécessaire et après bilan, il sera également le rééducateur de la dyscalculie comorbide.

Pour une dyslexie mixte, il sera nécessaire d’avoir, au moins, deux séances par semaine.

Ces séances sont prises en charge par la sécurité sociale. Il est possible de demander une ALD (affection longue durée) pour permettre de prendre en charge les dépassements éventuels. Sinon, ils sont pris en charge par de nombreuses mutuelles.

Si l’enfant relève également d’une dysgraphie, c’est vers l’ergothérapeute pour l’apprentissage du clavier de l’ordinateur que vous devrez vous tourner et les séances ne sont pas prises en charge. Néanmoins, pour compenser ces frais, une demande d’AEEH peut être faite à la MDPH. 

Scolarité

Pour les enfants dyslexiques, écrire est compliqué et écrire « juste » devient impossible. Il leur est souvent reproché d’écrire mal, en pattes de mouche, par exemple, peut-être pour dissimuler les fautes d’orthographe mais plus probablement parce qu’ils relèvent d’une dysgraphie. 

Dans tous les cas, ce sont des enfants en réelle souffrance à l’école. Ils fatiguent, ils travaillent lentement, ils n’arrivent pas à transcrire leurs pensées, à faire plaisir à leur enseignant et seront en grande difficulté dès que l’écrit (lecture ou composition) sera présent. Devant ces montagnes impossibles à franchir, ils se désintéressent petit à petit et finissent par se convaincre qu’ils n’y arriveront jamais. 

Mais attention, si les dyslexies/dysorthographies sévères (mixte : voie d’adressage et voie d’assemblage barrées) se manifestent généralement dès le début de l’apprentissage de la lecture, celles qui sont plus légères (sur l’une des deux voies, par exemple) peuvent passer longtemps inaperçues et n’être dépistées que tardivement. Les enfants à haut potentiel, eux aussi, peuvent faire illusion assez longtemps.

L’enfant dyslexique s’exprime bien à l’oral (point fort), mais est en grande difficulté pour lire (il réussira à déchiffrer), écrire ou orthographier correctement par rapport à un enfant du même âge. C’est souvent à l’école, en raison de la différence entre le niveau attendu et le niveau constaté (enfant vif et intelligent) que se pose la question d’une possible dyslexie.

Comme il se disperse et rêve souvent, se perd facilement et n’a pas la notion du temps qui passe, qu’il a dû mal à soutenir son attention et peut paraître hyperactif ou absent, il sera étiqueté, à tort mais bien trop souvent, comme enfant paresseux, sot, peu soigneux, immature.

Une conclusion hâtive et fausse est trop souvent posée par ses enseignants comme explication aux difficultés : le manque de travail et le manque d’intérêt. Il ne faudra donc pas s’étonner s’il finit par avoir des comportements difficiles.

Parce qu’il possède un niveau intellectuel normal ou supérieur et qu’il réussit à l’oral, ses difficultés risquent de rester longtemps sous-estimées.

On notera que l’enfant dyslexique, conscient de ses difficultés par rapports aux autres, se croit bête et a peu d’estime de soi. C’est un point auquel il faut apporter la plus grande attention. Ces enfants ont nécessité à être valorisés.

Il dissimule ses faiblesses grâce à des stratégies de compensation ingénieuses. 

A l’école, le niveau de stress qu’il ressent face à la lecture et aux contrôles est systématiquement négligé. Pourtant, ce stress bien réel lui coupe ses moyens.

Il apprend facilement à travers la manipulation, les démonstrations, l’expérimentation, l’observation et les supports visuels. En fait, sorti des supports ou rendus écris, cet enfant fonctionne bien, voire très bien.

L’enfant dyslexique est fréquemment brillant et doté d’une intelligence supérieure à la moyenne. Il est doué pour les arts, le théâtre, la musique, les sports, la mécanique, l’art du conte, le business, les affaires, le design, la construction ou les métiers d’ingénieur. Il a, en général, d’excellents rapports avec les plus petits. Il est très observateur (point fort). 

Son problème principal réside dans le langage écrit, la compréhension et la conception de ce langage spécifique. Si le système scolaire n’était pas basé principalement, voire presque exclusivement, sur l’écrit, cet élève pourrait être / devrait être performant.  

A prendre impérativement en compte 

Il ne faut jamais sous estimer son hypersensibilité auditive car il entend des choses qui n’ont pas été dites ou non perçues par les autres et donc il est facilement distrait et fatigué par les bruits ambiants.  

Comme il a de vraies difficultés avec les repères spatiaux temporels et visuo spatiaux, il a du mal à organiser et formuler ses pensées. Il s’exprime avec des phrases télescopiques, ne termine pas toujours ses phrases, bégaie lorsqu’il est sous pression. Il a du mal à prononcer les mots complexes, mélange les phrases, les mots et les syllabes lorsqu’il parle. Il va interrompre l’adulte pour ne pas perdre le fil de ses idées et commence souvent par la conclusion avant d’expliquer ses propos.

La moitié au moins des enfants dyslexiques sont aussi dysgraphiques. Il faut être vigilant car la dyslexie est souvent l’arbre qui cache la forêt. Si cette dysgraphie n’est pas aidée par l’ordinateur, elle vient s’ajouter et grossir les autres difficultés. 

En raison de cette dyslexie et de cette dysorthographie, des difficultés neurovisuelles et de sa probable dysgraphie, il va être en très grande difficulté pour copier, même un texte simple. 

Mais aussi, la phrase ne faisant pas sens, il lui faudra prendre des fenêtres de 3 ou 4 lettres et les reporter à l’écrit sur sa feuille, puis remonter là où il en était resté pour continuer. Le report du regard peut expliquer les sauts de mots, de phrases. Cet exercice qui semble si simple pour les autres est d’une très grande difficulté pour lui et source d’une fatigue bien inutile. Ces ressources cognitives impactées feront défaut pour la suite de la journée. 

L’ordinateur, là encore, à la condition qu’une frappe experte ait été apprise, permet de maintenir le regard sur un le tableau par exemple et de laisser les doigts courir sur le clavier. La finalité, même s’il y a des fautes d’orthographes, sera propre et lisible. Car, l’enfant dyslexique a une écriture irrégulière ou illisible et la tenue du crayon est souvent peu fonctionnelle. Il peut être ambidextre. 

Et du fait de toutes ces particularités, on comprendra qu’il confonde la droite et la gauche, au dessus et au dessous, dedans et dehors, devant et derrière.  

Il n’arrivera pas toujours à lire l’heure sur des aiguilles et en tous cas, pas en CE2 , là où c’est attendu. 

Il a de vraies difficultés à gérer son temps, à intégrer l’information ou les tâches séquentielles, à être à l’heure, à se repérer dans l’espace. Cet enfant dyslexique peut se tromper de salle de cours, même en fin de sixième et plus tard. Il ne devra pas être sanctionné pour des affaires oubliées ou un devoir remis en retard. 

Pour compter, il peut avoir besoin de ses doigts ou d’autres « accessoires ». Ne jamais hésiter à le faire travailler sur calculette. Il réussira à calculer relativement facilement mais sera en très grandes difficultés pour expliquer le cheminement de son résultat. 

Il est, en général, opérant en arithmétique mais en difficulté avec les problèmes. Il faudra impérativement s’assurer qu’il a compris l’énoncé. Il peut malgré tout, bloquer au niveau de l’algèbre et des niveaux mathématiques supérieurs.  

Quels que soient ses résultats au WISC4, il dispose d’une excellente mémoire à long terme pour les expériences personnelles, les lieux et les visages (point fort). Ces enfants ont besoin de passer par le concret. Ils auront plus de difficultés pour la mémoire pour les séquences, les faits et les informations qui n’ont pas été expérimentées personnellement. 

Ces enfants dyslexiques pensent essentiellement en images et en ressenti et non en sons et en mots.  

On trouvera deux profils opposés pour le développement de sa personnalité avec l’un extrêmement désordonné et l’autre maniaque de l’ordre. Il peut être introverti ou extraverti (personnalité et ambiance familiale font la différence). Il est préférable qu’il ne soit pas introverti (assis près de radiateur) pour ne pas être oublié. En réelle difficulté pour l’écrit à l’école, il lui faut exister en classe et comme il est vif et intelligent, il peut devenir le bouffon de la classe, le fauteur de trouble. Il faut valoriser ces enfants pour leur permettre d’exister et leur donner des tâches à remplir. Son sérieux ne décevra pas.  

À la maison

A la maison aussi, il faudra le valoriser. L’enfant dyslexique est toujours en demande d’attention. Il peut être précoce ou, au contraire, en retard dans les étapes de son développement (marcher à quatre pattes, marcher, parler, faire ses lacets…). Il est sujet aux otites, aux allergies. C’est un enfant qui peut être un gros dormeur ou, au contraire, avoir le sommeil léger. Certains seront concernés par l’énurésie. Ils ont soit un seuil de tolérance à la douleur particulièrement élevé, soit particulièrement faible et qui peut varier avec les années.   

Ce sont des enfants qui ont un sens élevé de la justice et qui sont hyper sensibles. Ils sont également perfectionnistes

Les erreurs et les symptômes augmentent de façon significative sous la pression de l’incertitude, du temps, du stress ou de la fatigue. 

Il ne sert à rien de faire les devoirs avec un enfant dyslexique fatigué. Il faut choisir le moment où il sera reposé et réceptif. Eviter les devoirs de fin de journée, ils sont contre productifs pour le faire avancer et pour les rapports familiaux. Trouver le moyen de passer par des solutions concrètes pour lui apprendre les notions importantes (une tarte pour lui apprendre les ¼, ½ et fractions ou des verbes grossiers pour les conjugaisons). Il est fatigable, penser à faire de nombreuses coupures (verre d’eau, exercices physiques). Lui apprendre les poésies en passant par le mime. Toujours le valoriser et comprendre que ce n’est pas qu’il ne veut pas mais bien qu’il ne peut pas complaire à vos exigences.

Une autodictée, par exemple, s’apprend d’abord comme une poésie, à l’oral puis par écrit. Les bonnes notes à cet exercice sont une illusion. L’auto dictée sera réussie si rien, même pas une virgule, n’est changée mais il n’apprendra pas l’orthographe pour autant. Il apprend les règles de grammaire et les connaît. Mais comment choisir la bonne et pour quel mot? Il ne peut faire simultanément l’écriture et l’application des règles. Pour vous aider à comprendre : le son « é » par exemple, peut s’écrire : « ait », « ais », « et », «er », « ez », « et », « é », « è », etc… Comment trouver le bon « é »…. Quand on ne comprend pas le sens, comment appliquer le bon « é » ? Par ailleurs, la calculette et l’ordinateur, au minimum, sont indispensables.  

Il faut de la patience et de la tolérance, appuyer et développer ses points forts, l’encourager et organiser autour de lui.

Ne recherchez que l’essentiel et visez sa réussite dans la vie active : de quoi aura-t-il besoin plus tard ? N’oubliez jamais que ce sont des enfants vifs, intelligents et débrouillards. S’ils pouvaient être « premier de classe », ils le seraient !

Vraiment, ces enfants sont vraiment méritants quand on mesure, un tant soit peu, leurs difficultés quotidiennes.

Et après 

Un jeune dyslexique dysorthographique (sans troubles associés autre qu’une éventuelle dysgraphie) aura probablement moins de difficulté à trouver un emploi qu’un jeune dysphasique, par exemple. Il est, en règle générale, performant pour tout ce qui touche au domaine manuel et / ou créatif.

Ceux qui auront probablement le plus de difficultés sont ceux qui relèvent d’une dyslexie mixte. Néanmoins, la qualité des rééducations et le parcours de vie (famille porteuse ou pas, parcours scolaire mal traitant ou pas) ainsi que la personnalité et les capacités intellectuelles du jeune empêche de décrire un seul et même parcours. En effet, deux jeunes dys, même s’ils relèvent de la ou les mêmes dys, seront de toute façon, très différent l’un de l’autre.

Le jeune dyslexique a souvent eu un parcours scolaire difficile et chaotique mais peut exceller en CAP, lycée professionnel, etc… partout où le langage écrit n’est pas l’unique base du savoir et du rendu de ce savoir. On trouve de nombreux jeunes dyslexiques en GRETA, par exemple ou à l’armée.

Pour le lycée professionnel, le choix de la filière passe par le nombre de points acquis par les notes qui évaluent trop souvent en-dessous de ses capacités. Il atteindra rarement la filière qu’il a choisi et cela reste très injuste. Néanmoins, la façon d’enseigner (si l’on arrive à engager son intérêt), la revalorisation, la maturité du jeune, permettront d’avoir de bons résultats. 

Pour ceux, trop souvent sortis « sans solution » du système scolaire, le GRETA est une vraie seconde chance. Ces jeunes, en souffrance, incompris, ayant acquis plus de maturité, feront le choix d’un métier. Ce ne peut être que LEUR choix pour que leur volonté leur permette de déplacer des montagnes car, n’en doutez pas, même jeune adulte, la dyslexie est toujours bien là et donc, les difficultés au langage écrit aussi.

Ces diplômes du lycée professionnel comme du GRETA font une part importante à la prestation orale ou tout bon dyslexique excelle.

Tout métier manuel leur est ouvert. Ils sont, en général, très adroits.

Quant à l’armée, elle est un nid à dys. En effet, ce qui est recherché n’est pas le langage écrit mais bien les qualités physiques dont les dyslexiques ne manquent pas. Ils sont vifs et débrouillards. Le côté « famille qui leur dit ce qu’il faut faire » les séduit mais ils auront rapidement quelques difficultés avec la rigidité et l’inflexibilité de l’armée.

Par ailleurs, dans la vie quotidienne d’adulte, ils arrivent assez bien à faire illusion et peuvent ainsi dissimuler leur dyslexie. Ils réussissent assez facilement l’examen du permis de conduire, par exemple. Ils vont trouver toutes sortes de contournement pour leur vie de tous les jours. La grande difficulté, pour ces jeunes, reste la scolarité. 

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